Lieux à Armissan

Les moulins d’Armissan

Le village d’Armissan possède encore les reliques de trois moulins à blé :
le moulin de Rossignol (1799)
le moulin de Catou (1802)
le moulin bas (1824)

Le propriétaire du moulin de Rossignol, Joseph Vidal était parait-il toujours gai et sifflait comme un rossignol en surveillant ses meules.

Le propriétaire de Catou était un sage, un homme cultivé à qui les villageois s’adressaient pour demander conseil. 1l était surnommé Catou, comparé à Caton l’Ancien de Rome. Catou est la déformation de Caton.

Le moulin bas. Le troisième moulin, restauré, est pauvrement désigné par sa situation topographique, moulin Bas ou d’en Bas. Compense en quelque sorte son caractère impersonnel par la particularité de son linteau gravé d’une fleur de lys, armoiries des Bourbons, et d’un millésime, 1824, année de la mort de Louis XVIII et de l’avènement de Charles X. Même si le fondateur du moulin n’était pas royaliste, par respect pour les autorités du moment, il se devait d’arborer les armoiries des Bourbons.


Mais il ne faut pas croire qu’Armissan ait attendu le début de l’époque napoléonienne pour se doter d’un moulin.
Vers 1727, Durand, un notable de la région narbonnaise, à la fois agriculteur, homme d’affaires et fonctionnaire municipal, cultivait du blé sur Armissan.
Ce bourgeois affairiste, au service de la noblesse terrienne, annonce l’émergence d’une nouvelle caste de propriétaires qui saura profiter de la Révolution.
Le pouvoir change de mains.
La suppression des droits de ban qui assurait au seigneur, depuis le XIe siècle, le monopole d’infrastructures comme le four, la forge, le pressoir ou les moulins, avec obligation d’utilisation par la communauté contre des redevances souvent en nature, profite aux familles meunières qui bâtissent leur richesse sur de nouvelles installations, librement édifiées.
Dès 1790 le nombre des moulins à vent croît d’une manière notoire. 

Pourquoi à Armissan a-t-on construit 2 moulins à 3 années d’intervalle ? (Rossignol sous le Directoire 1799 et : Catou sous le Consulat 1802)
Le gouvernement autoritaire de Bonaparte invite la paysannerie à produire plus de céréales.
En effet, les préfets (1800) dictent à chaque commune le nombre d’hectares de blé à cultiver.
Bonaparte réussit à mettre fin aux crises économiques cycliques qui ruinaient le pays, à cet enchaînement imparable : gel, grêles ou sous-production agricole entraînaient une crise de sous-consommation artisanale et industrielle débouchant sur une crise sociale.
En augmentant les surfaces cultivées en blé, on obtient des surplus qui sont stockés pour venir combler le déficit des mauvaises années.

On évite ainsi que le prix du blé double, selon la loi de l’offre et de la demande. N’oublions pas qu’à l’époque, la nourriture de base du monde rural (80 % de la population) était le pain et autres préparations à base de farine (gaufres, crêpes … etc.).

Si les riches pouvaient suivre les fluctuations du prix du pain lors des mauvaises récoltes, par contre le « menu peuple » (brassiers, journaliers, manouvriers, valets de labour…) vivait dans la misère.
La popularité de Bonaparte devenu Napoléon en 1804 vient surtout de la stabilité économique qu’il a instaurée et du « pain à bon marché » plus que de ses succès militaires.

Les meuniers formaient une caste à part dans la population des villages.
Souvent, on se mariait entre familles de meuniers. Les meuniers étaient plus riches que les autres villageois. Ils avaient des charrettes, des chevaux, des mulets, des ânes. Avec leurs déplacements dans les villes avoisinantes pour leur commerce ou leur matériel à remplacer, ils étaient beaucoup plus ouverts sur l’avenir et les nouveautés que les autres villageois. Ils étaient propriétaires de leurs moulins et des terres environnantes.


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